Publié dans Lettres ouvertes

Une stratégie canadienne de l’énergie ? Oui, mais il faut se donner les moyens de nos ambitions.

La journée même où, au terme d’intenses et longues discussions, les premiers ministres des provinces accouchent d’une Stratégie canadienne de l’énergie, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) conclut qu’il serait contre-indiqué de permettre, dans le contexte actuel, l’exploitation de l’uranium sur le territoire du Québec.

L’idée d’une stratégie nationale qui repose sur la collaboration entre les provinces et qui vise à façonner le développement durable de l’avenir énergétique du Canada mérite d’être saluée.  Nous vivons dans un pays qui jouit de sources d’énergie abondantes et diversifiées.  À l’ère de l’énergie chère et de l’économie verte, il est rassurant de voir les provinces canadiennes s’entendre sur une approche collaborative en matière d’efficacité énergétique, de développement des technologies de l’énergie et de création de réseaux modernes et fiables de transport de l’énergie.  Il faut saluer du même coup la volonté d’améliorer l’information sur l’énergie ainsi que la rapidité et la prévisibilité des processus décisionnels et d’approbation réglementaire tout en maintenant des standards élevés en matière environnementale.

Les ressources énergétiques, peut-on lire dans la stratégie, contribuent au niveau de vie élevé des Canadiens tant du point de vue économique que social ou récréatif.

C’est ici qu’il y a lieu de s’interroger sur le plus récent rapport du BAPE dont l’analyse de la filière uranifère est, une fois de plus, prioritairement orientée vers l’impact environnemental et l’acceptabilité sociale. Si pour le BAPE trop d’incertitudes persistent et trop de questions demeurent sans réponse en ce qui concerne les risques pour la santé des personnes et la vitalité des écosystèmes, comment s’expliquer que l’exploitation de l’uranium en Saskatchewan, qui est le gisement producteur le plus important au monde de par sa production annuelle, se fait depuis soixante ans? Comment s’expliquer l’appui massif de ses citoyens à l’exploitation de la filière ?

L’acceptabilité sociale est essentielle aux projets de développement énergétiques.  Légitime et nécessaire, on remarque que le concept est trop souvent instrumentalisé par certains acteurs réfractaires au développement.  Le dossier de l’uranium au Québec n’a malheureusement pas échappé à des dérapages où l’émotion l’a emporté sur les faits.  À ce propos, nous saluons l’objectif de la Stratégie qui vise à améliorer l’information et les pratiques d’engagement afin d’aider  les promoteurs et les parties intéressées à cheminer à travers les processus réglementaires. À cet effet, le rapport du BAPE, on doit le souligner, va dans ce sens en proposant la production d’une véritable analyse coûts-bénéfices de la filière uranifère, afin d’y établir sa contribution réelle à l’économie québécoise.

La Stratégie canadienne de l’énergie est ambitieuse.  Sa mise en œuvre l’est tout autant et doit se faire avec la reconnaissance concrète de la valeur économique de l’exploitation des ressources énergétiques et du potentiel de création de richesse qui y est associé.

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