Publié dans Lettres ouvertes

Un régime d’assurance médicaments qui donne à tous l’accès aux médicaments dont ils ont besoin!

Par Stéphane Forget, MBA, ASC
Président-directeur général

Dans un contexte où les dépenses en médicaments continuent d’augmenter sous l’effet des changements démographiques et de la consommation accrue de médicaments, employeurs et payeurs sont, avec raison, préoccupés par la viabilité de leur régime. Ces hausses de coût exercent une pression constante sur le budget des régimes d’assurance médicaments et mettent en péril la possibilité, pour tous les Canadiens, de jouir d’un accès abordable et équitable aux médicaments dont ils ont besoin, au moment où ils en ont besoin.

Dans ce contexte, nous appuyons la volonté du gouvernement fédéral d’assurer cet accès abordable et équitable pour tous les Canadiens.  Il est primordial de combler les écarts en matière d’accessibilité et de remboursement, notamment pour les Canadiens qui n’ont pas accès à une couverture d’assurance médicament ou pour qui l’achat des médicaments représente un enjeu financier. Un régime bien conçu devra contribuer à garantir la prévisibilité des coûts et la pérennité des régimes et améliorer la qualité des traitements des patients, sans alourdir la facture des contribuables et des entreprises du Canada.

L’innovation sauve des vies

Il ne faut pas pour autant cesser d’encourager l’innovation et de miser sur la valeur qu’apportent les médicaments à la société. Nous assistons à la découverte de nouveaux médicaments destinés à traiter des maladies incurables ou à remplacer des médicaments moins efficaces, ce qui a pour effet d’améliorer la qualité de vie des patients, de réduire le nombre d’hospitalisations et d’accroître la productivité en milieu de travail.

Bien qu’il subsiste des écarts importants à combler pour les Canadiens non-assurés ou sous-assurés et quelques défis à anticiper, notamment quant à l’essor des médicaments onéreux, le système actuel axé sur le modèle public-privé fonctionne bien à plus d’un égard et permet aux gouvernements de consacrer une plus grande part de leurs ressources restreintes à offrir une assurance médicaments aux populations les plus vulnérables.

Dans cette optique, soulignons qu’un régime national visant seulement à réduire le coût des médicaments risquerait de restreindre l’accès aux traitements de pointe et d’avoir des répercussions sur les capacités de recherche et de développement, les sciences de la vie et l’accès des patients aux nouveaux médicaments.

Les employeurs tiennent à offrir une assurance-médicaments à leurs employés

Selon un récent sondage, mené par la Fédération des chambres de commerce du Québec auprès d’employeurs québécois, nous observons que la vaste majorité des employeurs sondés a maintenu
(74 %) ou bonifié (10 %) son régime d’assurance médicaments au cours des dernières années. Lorsqu’ils font des prévisions, ce sont 88 % des employeurs qui disent vouloir maintenir ou bonifier le régime proposé à leurs employés.

Les employeurs veulent contribuer. Entre offrir une assurance médicaments privée ou cesser de l’offrir et contribuer à un régime public, le choix est clair : 71 % préfèrent offrir une assurance médicaments privée à leurs employés et leur famille. Pour les deux tiers des employeurs sondés (67 %), un régime d’assurance médicaments permet d’attirer de la main-d’œuvre et de maintenir en poste des employés clés. Cependant, le coût de ce programme est, pour plusieurs employeurs, aussi un casse-tête.

Il n’est pas nécessaire de recommencer à zéro

Le régime québécois d’assurance médicaments peut certes être encore meilleur, ayant su s’inscrire en complément des régimes privés tout en assurant une couverture adéquate pour les clientèles ciblées et ce, depuis maintenant 26 ans. Dans l’éventualité où le Québec se retire de la proposition canadienne, les fonds obtenus de la compensation devrait être réinvestis dans le secteur de la santé pour améliorer les soins à la population.

Au lieu de le décrier, profitons de l’occasion pour l’améliorer, en évitant de niveler vers le plus bas dénominateur. Le gouvernement canadien doit tenir compte de ce que pensent les employeurs et la priorité devrait être d’assurer la couverture requise à tous les Canadiens, de réduire les délais d’attente à la couverture des médicaments et de veiller à un accès équitable, tout en continuant de favoriser l’innovation afin de garantir que les Canadiens aient accès à des soins de première qualité.

Afin d’accéder au sondage sur l’assurance-médicaments mené par la FCCQ, cliquez-ici.

À propos de Stéphane Forget, MBA, ASC
Président-directeur général

Stéphane Forget est président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec. À la FCCQ depuis 2014, il a d’abord occupé le poste de vice-président, Stratégie et affaires économiques. Auparavant à la Société de transport de Montréal (STM), il a agi à titre de directeur exécutif, Relations externes et planification stratégique ainsi qu’à titre de directeur, Coordination des dossiers stratégiques.

Précédemment, il a cumulé une vaste expérience des affaires gouvernementales et publiques, occupant diverses fonctions au sein de la Ville de Montréal, dans le monde associatif,  à la Société Radio-Canada et au gouvernement du Québec.

Il est détenteur d’une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal  (ESG-UQAM) et d’un certificat en droit de l’Université de Montréal. Au printemps 2019, il a obtenu la désignation d’administrateur de sociétés certifié (ASC).

Monsieur Forget est membre du Conseil et du comité exécutif de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), membre du Conseil d’administration de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et membre du Comité consultatif du travail et de la main d’œuvre (CCTM).

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