L’utilisation des tests rapides dans les entreprises est une façon de dépister qui est complémentaire aux tests de laboratoire et qui permet d’accélérer la prise en charge des personnes avec symptômes.

Utilisation des tests rapides dans les entreprises (COVID-19)

Afin de réduire les risques d’éclosion dans les milieux de travail, les entreprises privées pourront avoir accès gratuitement à des tests de détection d’antigènes rapides de la COVID-19 pour leur personnel au Québec. Elles pourront en faire la demande auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux. Elles auront en inventaire, des tests leur permettant d’enclencher un protocole de dépistage par test antigénique lorsqu’un premier employé présentera des symptômes.

Démarche de transmission d’un projet d’utilisation

Les entreprises et les organismes du Québec qui souhaitent avoir accès aux tests antigéniques rapides doivent en faire la demande auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux en soumettant le formulaire rempli à l’adresse suivante : testsrapidesentreprises@msss.gouv.qc.ca.

Avantages et limites des tests rapides

  • Peuvent rendre disponibles des résultats après quelques minutes (variable selon le test);
  • Sont utiles pour identifier rapidement les personnes infectées en cas d’éclosion, par exemple;
  • Peuvent être déplacés plus facilement vers les personnes à dépister, selon le type de test;
  • Ont une fiabilité moindre par rapport aux tests habituellement utilisés en laboratoire;
  • Peuvent ne pas détecter une partie non négligeable des personnes infectées en leur donnant un résultat négatif alors qu’elles sont infectées et contagieuse (faux-négatif) et créer un faux sentiment de sécurité, car la personne pensera qu’elle n’est pas atteinte de la COVID-19;
  • Peuvent donner des résultats faussement positifs chez des personnes qui ne sont pas infectées. C’est pourquoi les personnes qui obtiennent un résultat positif à un test rapide antigénique doivent aller confirmer leur résultat par un test de laboratoire.

Distinction entre les types de tests de dépistage

*TAAN : Test d’amplification des acides nucléiques
**PCR : Polymerase chain reaction
***LAMP: Loop mediated isothermal amplification

Efficacité des tests rapides antigéniques en fonction de la contagion soupçonnée dans le milieu

 

FAQ

Quels sont les avantages des tests rapides?

Leur avantage est leur rapidité. Les résultats peuvent être disponibles dans un délai de quelques minutes (variable selon le test). Ils peuvent donc être utiles pour identifier rapidement les personnes infectées en cas d’éclosion, par exemple. Certains types de tests rapides ont aussi l’avantage d’être déplaçables plus facilement vers les personnes à dépister.

Quels sont les désavantages des tests rapides?

Leur fiabilité est moindre par rapport aux tests habituellement utilisés en laboratoire. Leur principal inconvénient est de manquer souvent une partie non négligeable des personnes infectées en leur donnant un résultat négatif alors qu’elles sont infectées et contagieuses. Ces résultats qui ne correspondent pas à la réalité, qualifiés de faux négatifs, sont surtout fréquents si ces tests sont utilisés chez des personnes sans symptôme où environ deux personnes sur cinq recevront un test négatif alors qu’elles sont infectées. L’autre inconvénient de ces tests est qu’ils peuvent donner des résultats faussement positifs (appelés faux positifs) chez des personnes qui ne sont pas infectées. Dans une population avec peu de personnes infectées, un résultat positif sur deux ne sera pas une vraie infection. Ces tests présentent aussi des taux plus élevés de faux négatifs que les tests « réguliers » en laboratoire.

Ils présentent également un faible débit d’analyse. Par exemple, les appareils ID Now analysent quatre prélèvements par heure. Ils ne peuvent donc pas être utilisés pour effectuer de grands volumes de tests. Ils exigent un personnel de santé supplémentaire alors que ce personnel est très sollicité en ce moment. Pour pouvoir faire plusieurs tests à l’heure, il faut déployer plusieurs machines en parallèle, ce qui nécessite plus de ressources.

Nous considérons que leur utilisation pourrait être utile en complément aux tests de laboratoire pour accélérer la prise en charge des personnes avec symptômes directement dans les lieux de dépistage.

Est-ce que je peux m’en procurer pour la maison?

Aucun test approuvé par Santé Canada n’est disponible en vente libre. Au Québec, les tests pour la COVID-19 sont gratuits s’ils sont réalisés en centre de dépistage. Les gens qui souhaitent se faire dépister devraient s’informer sur le dépistage offert par le réseau de la santé dans leur région.

Est-ce qu’il ne serait pas préférable de ne dépister qu’une partie des cas positifs avec de mauvais tests plutôt que de ne pas les dépister du tout en absence de tests?

Pour les personnes qui présentent des symptômes, il faut toujours offrir le meilleur test diagnostique, soit le test par amplification des acides nucléiques (TAAN), aussi appelé PCR ou LAMP. On sait que les personnes infectées par le virus de la COVID-19 qui ont des symptômes sont plus contagieuses que les personnes sans symptôme. On ne veut donc pas manquer le diagnostic. De plus, pour 83 % des tests TAAN effectués au Québec, le résultat est disponible en moins de 24 heures.

Quand on dépiste aléatoirement la population qui n’a pas de symptôme, il faut effectuer beaucoup de tests pour trouver un cas. Donc, on met beaucoup d’efforts et on utilise des ressources sensibles pour identifier peu de personnes infectées, toutes proportions gardées.

Ces tests exigent également des prélèvements intrusifs (nasopharyngés), donc inconfortables pour peu ou pas de gain dans certaines situations.

De plus, comme le test est moins sensible, il faut compenser en retestant plus souvent ces personnes. À la longue, les gens peuvent trouver le test intrusif et refuser de le passer. Donc, les gains sur la transmission peuvent être limités dans le temps. Il faut donc bien choisir le moment d’employer ces tests.

Par ailleurs, si on dépiste des personnes qui n’ont aucun symptôme de la maladie, on détecte en général des personnes qui sont peu contagieuses.

Dans quel contexte les tests rapides sont-ils utilisés au Québec?

Les analyses des experts permettent de conclure que les tests rapides peuvent être utiles dans certaines situations, soit :

Pour les ID NOW dans les régions isolées, mal desservies par les tests de laboratoire;

  • dans les milieux de vie pour aînés, lors d’une suspicion d’éclosion, si la technologie s’avère mobile;
  • dans la communauté, dans les cliniques désignées de dépistage et d’évaluation.

Pour les tests antigéniques :

  • pour le transfert de clientèle entre établissements;
  • auprès des clientèles marginalisées (ex. : les sans-abris, les femmes victimes de violence conjugale en maison d’accueil, les professionnels du sexe, etc.);
  • lors d’éclosions dans les milieux de travail;
  • en ajout à la capacité de tests lors de fortes demandes en tests PCR et ID NOW.

Pourquoi ne pas utiliser les tests rapides pour du dépistage systématique dans les écoles, les milieux de vie pour aînés, les milieux de travail, etc.?

Leur faible performance invite à la prudence. Le nombre de faux négatifs obtenus par ces tests nécessite des précautions. Plusieurs autorités, incluant la Maison-Blanche, aux États-Unis, se reposaient sur les tests antigéniques pour « relâcher » les mesures universelles de précaution. Or, elles ont observé des éclosions malgré les tests. En aucun cas, un test négatif ne devrait influencer les conduites.

Il est donc important de bien cibler les milieux :

  • ceux qui ont une plus grande probabilité d’avoir des cas;
  • ceux avec une transmission soutenue ou à risque de transmission malgré les mesures universelles de protection de la COVID-19;
  • lorsque la transmission est associée à une morbidité et une mortalité importante.

Actuellement, ces milieux sont surtout les milieux de soins, en particulier les milieux de vie pour personnes âgées. Or, pour l’instant, le MSSS a décidé de privilégier les tests de type PCR pour ces lieux. Ainsi, il a mis en place des tests de détection de la COVID-19 notamment offerts aux personnes symptomatiques dans ces milieux. Ces tests sont utilisés dans le cadre d’un dépistage systématique des travailleurs de la santé œuvrant avec les groupes ciblés (CHSLD, RPA, RI-RTF, etc.), mais également chez les gens ayant été en contact avec une personne contaminée lors d’une éclosion, ou sur recommandation de la Santé publique. Dans ces cas, on suppose un plus grand risque de transmission, malgré les mesures de prévention de la transmission de la COVID-19.

Comme les tests rapides pourraient toutefois conférer certains avantages, le Ministère étudie la possibilité de les offrir dans ces milieux. Un projet est à l’étude et d’autres sont planifiés.

Pourquoi ne pas déployer des tests rapides dans les aéroports?

Les aéroports sont sous juridiction fédérale. Le 29 janvier, le gouvernement fédéral a annoncé que tous les voyageurs arrivant de destinations internationales devront se soumettre prochainement à un test obligatoire de dépistage de la COVID-19 à leur arrivée dans l’un ou l’autre des aéroports qui peuvent toujours les accueillir, soit ceux de Vancouver, Toronto, Calgary et Montréal. Des projets pilotes sont en cours en ce sens. Toutefois, le gouvernement, conscient des limites des tests rapides, fera des tests de type PCR. Il ne faut pas manquer des cas, surtout en raison des variants d’intérêt qu’il faut pouvoir capter rapidement.

Pourquoi n’ouvre-t-on pas des cliniques de dépistage de tests rapides comme dans d’autres provinces?

Chaque pays ou province doit adapter les stratégies de dépistage selon sa situation épidémiologique locale, ses propres réalités et les probabilités de trouver le maximum de personnes infectées (bon rendement).

Le Québec n’a pas fait ériger de cliniques de dépistage rapide car déjà, les centres désignés de dépistage (CDD) et les centres désignés d’évaluation (CDÉ) étaient en place et fonctionnels avec du personnel qualifié. Cette solution semble moins efficiente dans le contexte qui est le nôtre et est consommatrice de ressources (humaines, infrastructures, etc.) qui sont très sensibles en ce moment, sans apporter de réel gain significatif. Il faut mentionner que ces tests nécessitent aussi un personnel qualifié et formé pour le prélèvement. Également, le débit pour effectuer ces tests rapides est plus lent que celui des tests en laboratoire.

Fort de l’expérience des autres, outillé par les données probantes disponibles et par les recommandations de ses experts, le Québec est en train de déployer ces tests rapides de manière encadrée et progressive. À titre d’exemple, des appareils ID Now ont été déployés dans certains CDD comme tests d’appui en cas de surcharge ou de risque de délais importants dans la réception des résultats.

Est-ce que le dépistage salivaire, ou par gargarisme, est un test rapide?

Non. Le dépistage salivaire est une méthode de prélèvement, et non un type de test. Le prélèvement salivaire (par crachat ou par gargarisme) a toutefois l’avantage d’être moins intrusif.

Est-ce que les tests rapides nécessitent autant de personnel que les tests analysés en laboratoire?

Oui, soit un travailleur de la santé autorisé à faire des prélèvements et un travailleur administratif.