Publié dans Lettres ouvertes

Services de santé : on ne peut être pour le progrès mais contre le changement

Qui au Québec peut aujourd’hui prétendre que nous sommes riches au point de pouvoir gaspiller sans conséquence? Qui peut prétendre que nos finances publiques ne souffrent pas, qu’il y a beaucoup de marge de manœuvre pour augmenter les taux d’imposition et autres taxes, que les budgets en santé et en éducation sont sous contrôle ou que notre état ne devrait pas être plus productif?

Personne!

Il y a toujours un danger lié à la pensée unique, mais en matière de finances publiques, tous s’entendent pour dire qu’il y a, sinon péril en la demeure, du moins de sérieux enjeux de société à régler. Et le danger ici n’est pas tant la pensée unique que la négation du danger qui nous guette comme société.

Et pourtant.
Pourtant, plusieurs syndicats affiliés à la CSN s’époumonent depuis quelques semaines dans les médias pour décrier l’initiative fort pertinente qu’ont eue certains gestionnaires d’avoir recours à des experts externes pour les aider dans leur processus d’amélioration de la productivité.

À quel titre?
Pour défendre quoi? la santé et l’efficacité de nos institutions? le bien public? la qualité des soins aux usagers?
Aucune de ces réponses.
La CSN s’inquiète plutôt pour les conditions de travail de ses membres; ce qui est normal pour un syndicat, mais qui devient inadmissible lorsque, sous ce couvert et dans les conditions financières actuelles, on perpétue certaines formes de laxisme.

Dans le cas des services à domicile rendus par les CSSS, la CSN s’inquiète au point de refuser, sur des bases purement dogmatiques, qu’on examine et qu’on mesure la façon dont les services sont rendus aux usagers. Entendons-nous bien, la CSN n’est pas ici contre le fait qu’une entreprise privée dispense des services dans les établissements de santé publics; elle est contre le fait qu’une entreprise privée, en l’occurrence Proaction, qui dispose d’une expertise reconnue, analyse les façons de faire d’établissements privés. En résumé, la CSN, un organisme censé être orienté vers le progrès, défend le statu quo.

Mais au nom de quel principe devrait-on se priver de cette expertise? Est-ce vraiment seulement parce qu’elle est de propriété privée?
Si c’est la seule raison, il faudrait annuler tous les contrats avec les entreprises qui rendent des services ou qui vendent des produits au réseau de la santé. Aussi bien fermer les hôpitaux.

Qu’on participe au débat en discutant des résultats des études ou en étant pour ou contre certaines analyses ou certaines conclusions, c’est souhaitable. Mais qu’on rejette d’avance l’expertise d’une entreprise sur la seule base qu’elle n’est pas publique, c’est non seulement contreproductif, c’est aussi injuste pour les usagers et pour les contribuables.

Pour améliorer la productivité d’une organisation ou implanter des processus innovants, pour offrir de meilleurs services à meilleur coût, il faut accepter que quelqu’un porte un regard critique sur les processus en place.

On ne peut être pour le progrès mais contre le changement de nos habitudes!

Françoise Bertrand
Présidente-directrice générale
Fédération des chambres de commerce du Québec

  1. Pour les PME et les centaines de milliers de travailleurs de l’industrie touristique québécoise, l’annonce d’investissements de 58,5 M$ d’aide financière pour la création ou l’amélioration des expériences touristiques est une bonne nouvelle, affirme la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ). « L’industrie touristique québécoise est bien diversifiée, attire de nombreuses catégories de... En savoir plus
  2. S’il y a une chose qui ne change pas, en politique, c’est la lourdeur qui entrave les discussions entre Québec et Ottawa sur le financement des infrastructures.  Peu importe les gouvernements au pouvoir, on assiste toujours au lancement de programmes de soutien aux infrastructures de plusieurs milliards de dollars, puis on négocie avec les provinces... En savoir plus
  3. L’octroi d’un contrat pour la construction de deux traversiers au chantier naval de Davie, à Lévis, permettra de sécuriser plus de 400 emplois spécialisés et de consolider l’expertise navale québécoise, ce que la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) considère une bonne nouvelle pour toute la chaîne d’approvisionnement du chantier lévisien et pour... En savoir plus
Ce type de contenu vous intéresse? Abonnez-vous au FCCQeXpress, le bulletin bi-mensuel de la FCCQ. On y retrouve toute l’actualité de la Fédération et de nos partenaires!