Publié dans Communiqués

Salaire minimum à 15 $ : bonifier les mesures d’aide aux personnes à faible revenu aura de meilleurs effets

Par Stéphane Forget, MBA
Président-directeur général

Alors que la question du salaire horaire minimum à 15 $ revient dans l’actualité, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) rappelle que la croissance du salaire minimum, révisé annuellement, doit se faire en tenant compte de l’inflation et de l’évolution du salaire moyen. À l’occasion de la hausse en 2018, portant le salaire minimum à 12 $/h, la FCCQ avait souligné que celle-ci était supérieure à l’inflation, soit 6,7 %. La FCCQ appuie la décision gouvernementale, en 2016, d’augmenter graduellement le salaire minimum jusqu’à ce qu’il atteigne 50 % du salaire moyen, en 2020.

« Les entreprises ont à cœur d’offrir de bonnes conditions de travail à leurs employés et le salaire fait partie de ces questions », souligne Stéphane Forget, président-directeur général de la FCCQ. « Cependant, c’est tout l’éventail des salaires dans le marché du travail qui subirait l’impact d’une hausse de 25 % et cela nuirait à la compétitivité des entreprises, notamment dans les secteurs de l’économie exposés à la concurrence étrangère comme le secteur manufacturier, l’agriculture ou les ressources naturelles. »

Le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre met déjà une pression à la hausse sur la rémunération, dans plusieurs secteurs, sans compter l’effet de sédimentation créé par les modifications aux normes du travail et la réforme du régime des rentes du Québec. « La marge de manœuvre financière des entreprises d’ici est constamment réduite alors que la concurrence est vive », commente Stéphane Forget.

Pour la FCCQ, il faut considérer l’ensemble des moyens à la disposition des gouvernements pour améliorer la condition de vie des travailleurs au salaire minimum. De plus, l’effet d’un bond du salaire minimum actuel à
12 $/h à un salaire horaire minimal de 15 $ ne serait pas le même sur un adulte chef de famille monoparentale, un étudiant et un travailleur expérimenté qui veut arrondir ses fins de mois. « Dans chacune de ces situations, ce n’est pas le salaire minimum qui fait la différence sur le revenu disponible, mais bien les mesures fiscales et de soutien aux personnes à faible revenu », insiste Stéphane Forget. « Il est par ailleurs à craindre qu’un étudiant serait tenté d’abandonner ses études en considérant son revenu suffisant, au salaire minimum. À l’inverse, le contexte fiscal actuel pénaliserait encore davantage un travailleur expérimenté, qui ne verrait plus d’un bon œil de rester actif dans le marché du travail. »

La FCCQ encourage donc le gouvernement du Québec à poursuivre la hausse graduelle du salaire minimum en suivant la tendance adoptée précédemment, étant d’accord avec l’objectif mais recommandant la prudence sur la façon de faire. « Une hausse graduelle et prévisible du salaire minimal bonifie la capacité de payer des travailleurs à faible revenu et favorise une hausse de la consommation, sans provoquer un choc sur la compétitivité des entreprises québécoises », conclut Stéphane Forget.

À propos de Stéphane Forget, MBA
Président-directeur général

Stéphane Forget est président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec. À la FCCQ depuis 2014, il a d’abord occupé le poste de vice-président, Stratégie et affaires économiques. Auparavant à la Société de transport de Montréal (STM), il a agi à titre de directeur exécutif, Relations externes et planification stratégique ainsi qu’à titre de directeur, Coordination des dossiers stratégiques.

Précédemment, il a cumulé une vaste expérience des affaires gouvernementales et publiques, occupant diverses fonctions au sein de la Ville de Montréal, dans le monde associatif,  à la Société Radio-Canada et au gouvernement du Québec.

Il est détenteur d’une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal  (ESG-UQAM) et d’un certificat en droit de l’Université de Montréal.

Monsieur Forget est membre du Conseil et du comité exécutif de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), membre du Conseil d’administration de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et membre du Comité consultatif du travail et de la main d’œuvre (CCTM).

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