Publié dans Lettres ouvertes

Recul ou sain pragmatisme ?

Comment peut-on, d’une part, dénoncer les politiciens parce qu’ils sont déconnectés de la réalité et, d’autre part, les accuser de tous les maux lorsqu’ils changent d’idée après avoir étudié correctement un dossier ?

Dans le très sensible dossier des redevances minières, le gouvernement du Parti Québécois a fait un certain nombre de promesses lors de la campagne électorale. Une fois au pouvoir, et après avoir étudié le dossier dans les moindres détails, le ministre des Finances et de l’Économie s’apprêterait à déposer un projet qui s’éloigne un peu des engagements initiaux.

Hérésie ou sain comportement ?

Le ministre Marceau, responsable du dossier, fort d’un doctorat spécialisé en économie publique et auteur de multiples articles scientifiques sur le sujet, et s’appuyant sur l’avis des experts de son ministère, évalue que les entreprises minières du Québec ne sont pas capables de supporter financièrement le projet que son parti prônait.

Comme citoyen, comme contribuables et comme consommateur de services gouvernementaux, que devrait-on lui recommander ? De s’entêter à réaliser une promesse irréaliste ou, au nom du bien public, de corriger le tir en déposant un projet qui tient la route ou encore même de revenir à la case départ ?

La FCCQ a tenu une réunion spéciale sur les ressources naturelles et, bien qu’elle salue le fait que le gouvernement semble vouloir abandonner sa promesse faite en campagne électorale, les entreprises ont exprimé de vives inquiétudes par rapport au nouveau scénario évoqué. Ce scénario ne nous plaît guère ; il aurait des effets négatifs sur le développement minier au Québec et sur le maintien de l’attractivité de notre régime. Mais il a au moins le mérite de démontrer que le ministre est capable d’écoute.

En économie et dans le monde des affaires, réussir à s’ajuster à la réalité des marchés est non seulement un art, c’est la seule et unique voie vers le maintien de la vie, le développement et le progrès.

Est-ce que quelqu’un oserait aujourd’hui condamner Sony pour avoir abandonné le développement du format d’enregistrement Betacam (qui, dans un monde théorique, était probablement meilleur que le VHS) ? Qu’est-ce qui serait arrivé à une banque qui aurait refusé de prendre le virage «guichet automatique» pour continuer à n’offrir que des services au guichet ? Alors pourquoi, dans le cas des redevances minières, reprocherait-on au Gouvernement de composer avec la réalité des marchés ?

La FCCQ salue les gens qui savent faire preuve d’un sain pragmatisme et qui démontrent une capacité d’adaptation qui leur permet de demeurer compétitifs !

  1. Alors que le gouvernement du Québec vient d’annoncer le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics fermés, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) est préoccupée par les pénalités que pourraient subir les entreprises.   À partir du 18 juillet, le port du masque devra être obligatoire dans tous les lieux publics fermés, incluant... En savoir plus
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