Publié dans Lettres ouvertes

Ne tuons pas le Publisac

Par Stéphane Forget, MBA, ASC
Président-directeur général
Le besoin de réduire à la source et le respect du choix de ne pas recevoir de circulaires font consensus parmi les partisans et les opposants du Publisac.

Or, le système actuel permet d’atteindre ces objectifs. Lorsque des citoyens exercent leur option de retrait ou «opt-out», les quantités de circulaires à imprimer et de sacs à produire sont réduites en conséquence. Ni les annonceurs, ni les éditeurs, ni les distributeurs n’ont intérêt à produire ce dont des gens ne veulent pas, tant d’un point de vue économique qu’environnemental.

La Ville de Montréal tiendra aujourd’hui le 3 octobre une séance d’information en prévision de la consultation publique sur le contrôle des circulaires, à la suite d’une pétition du mouvement montréalais Antipublisac. Celui-ci demande qu’une circulaire ne puisse être distribuée que si le résident l’accepte en affichant un logo à cet effet, ce que l’on appelle l’option d’adhésion ou «opt-in». Selon l’étude de WSP commandée par la Ville de Montréal, l’option d’adhésion n’existe nulle part ailleurs, l’option de retrait étant la méthode habituelle.

L’option de retrait est facile à exercer, par une demande au service à la clientèle de Publisac de recevoir un pictogramme rouge à afficher. Une mise en place de l’option d’adhésion à Montréal signifierait la fin du Publisac au Québec puisque TC Transcontinental, propriétaire du Publisac, a indiqué que celle-ci n’est pas viable à cause de la complexité et des coûts prohibitifs de la gestion d’un système d’abonnement de plus de trois millions de portes au Québec.

La Commission de la Ville de Montréal devra choisir : recommander soit le maintien de l’option de retrait avec de possibles améliorations, ou l’option d’adhésion. Le «opt-in» signifierait aussi la mise en péril des hebdos, déjà affectés par la crise des médias, et d’une information locale de qualité, primordiale pour notre démocratie. Cela mènerait à la perte d’économies pour les ménages, sachant que 87,1 % de ceux qui reçoivent des circulaires les consultent selon le sondage de SEGMA Recherche commandé par Montréal. Enfin, on verrait disparaitre le principal outil promotionnel des commerçants locaux face à la concurrence des géants de la vente en ligne, un appauvrissement de la vie de quartier, la perte de milliers d’emplois directs et indirects, y compris de journalistes, et une atteinte à la liberté commerciale et au droit du public à l’information.

La seconde demande d’Antipublisac est de : «[…] remplacer tout sac de plastique pour circulaires par un emballage qui n’a pas à être séparé du contenu pour être recyclé». Le plastique constitue certes une préoccupation environnementale que nous partageons. Ce sac demeure cependant la meilleure solution pour protéger les imprimés des intempéries. Le Publisac représente de plus une occasion de faire un pas important vers l’économie circulaire du plastique, comme le Québec s’est rallié par le passé pour créer une économie circulaire du papier.

Soulignons que TC Transcontinental a fait des avancées impressionnantes à ce chapitre. Un nouveau sac fabriqué ici au Québec à 100 % de plastique recyclé, et toujours 100 % recyclable, a été lancé à Montréal en septembre. Il sera déployé en octobre dans la CMM puis partout au Québec d’ici la fin de l’année. Des tests sont en cours, en partenariat avec la Ville de Montréal, de sacs s’ouvrant sous pression dans le camion de collecte, afin de contrer la problématique du recyclage d’un produit combinant plastique et papier. De plus, l’entreprise teste ce mois-ci à Montréal le déploiement de jaquettes en papier pour des distributions intérieures.

Nul besoin de poser un geste nuisible aux hebdos, aux commerçants, aux consommateurs et à l’emploi. Laissons plutôt les citoyens décider de l’avenir du Publisac par leur utilisation des hebdos et des circulaires, et le recours au libre choix de ne pas les recevoir si telle est leur volonté.

Signataires :

Pierre-Alexandre Blouin, président-directeur général, Association des détaillants en alimentation du Québec

Benoit Chartier, président du conseil, Hebdos Québec

Yves-Thomas Dorval, président et chef de la direction, Conseil du patronat du Québec

Stéphane Forget, président-directeur général, Fédération des chambres de commerce du Québec

Carole Hochu, présidente et chef de la direction, Association canadienne de l’industrie des plastiques

Denis Lebel, président-directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec

Andrew Mulé, vice-président et directeur général, Métro Média

À propos de Stéphane Forget, MBA, ASC
Président-directeur général

Stéphane Forget est président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec. À la FCCQ depuis 2014, il a d’abord occupé le poste de vice-président, Stratégie et affaires économiques. Auparavant à la Société de transport de Montréal (STM), il a agi à titre de directeur exécutif, Relations externes et planification stratégique ainsi qu’à titre de directeur, Coordination des dossiers stratégiques.

Précédemment, il a cumulé une vaste expérience des affaires gouvernementales et publiques, occupant diverses fonctions au sein de la Ville de Montréal, dans le monde associatif,  à la Société Radio-Canada et au gouvernement du Québec.

Il est détenteur d’une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal  (ESG-UQAM) et d’un certificat en droit de l’Université de Montréal. Au printemps 2019, il a obtenu la désignation d’administrateur de sociétés certifié (ASC).

Monsieur Forget est membre du Conseil et du comité exécutif de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), membre du Conseil d’administration de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et membre du Comité consultatif du travail et de la main d’œuvre (CCTM).

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