Publié dans Lettres ouvertes

Miser sur l’innovation

Il y a, au Québec :

  • 25 sociétés pharmaceutiques qui y ont établi un siège social (sur une cinquantaine au Canada);
  • 9 000 emplois directs;
  • Des usines et laboratoires de 12  des plus grandes sociétés pharmaceutiques au monde..

Si le Québec est devenu un chef de fil dans ce créneau très concurrentiel à l’échelle mondiale, c’est parce qu’il a affirmé sa volonté de soutenir l’innovation. Dans ce domaine, cela a pris la forme de trois mesures structurantes : la règle des quinze ans, des crédits d’impôts à la recherche et développement et une politique de remboursement des médicaments brevetés dans le réseau de la santé.

Dans le cadre de son dernier budget, le gouvernement du Québec a annoncé qu’il mettait fin à ce qui est communément appelé la « règle des 15 ans ». Nous convenons qu’il était rendu nécessaire d’adapter cette politique au nouveau modèle d’affaires du secteur pharmaceutique. Il est cependant essentiel de préserver notre force d’innovation. Il faut donc préparer une transition entre le modèle d’affaires du secteur biopharmaceutique qui reposait sur la « règle des 15 ans » et le nouvel environnement réglementaire.

Cette transition devrait, à notre point de vue, comporter au moins deux éléments importants :

  • Un processus d’approbation plus rapide et un plus grand pourcentage de médicaments remboursés par la RAMQ;
  • La valorisation, par le réseau de la santé, des médicaments développés par les investissements en recherche. Le ministre de la Santé et des Services sociaux doit appuyer, par ses politiques d’achats et de remboursement, une industrie de pointe qui se situe au cœur des enjeux de santé.

Les chercheurs de haut niveau sont des travailleurs parmi les plus mobiles au monde. Certaines provinces canadiennes et États américains déploient des efforts pour attirer les grandes entreprises pharmaceutiques : Le Québec doit préserver les atouts qu’il s’est acquis au cours des 20 dernières s’il supporte vraiment le secteur de l’innovation pharmaceutique

Le gouvernement se doit d’accorder à l’innovation scientifique toute l’importance qu’elle mérite dans notre économie. Rappelons que  des compressions de 30 % seront imposées l’an prochain au Fonds Sciences et Technologies, ce qui s’ajoute à une coupure de 124 M $ aux universités d’ici le 31 mars prochain.

Il est essentiel de soutenir concrètement l’innovation qui constitue le principal facteur de croissance économique.

 

Françoise Bertrand
Présidente-directrice générale
Fédération des chambres de commerce du Québec

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