Publié dans Communiqués

Marchés publics : Une stratégie qui devra aller beaucoup plus loin pour soutenir l’économie québécoise, selon la FCCQ

Par Charles Milliard
Président-directeur général

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) déplore que le gouvernement ait fait le choix de ne pas s’attaquer de front à la règle du plus bas soumissionnaire dans le projet de loi et la stratégie sur les marchés publics dévoilés aujourd’hui par la présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel. Nous constatons que le Québec continuera de faire bande à part dans l’octroi de ses contrats publics, au détriment de la qualité, de l’innovation, de la sécurité et de la longévité des projets.

« La stratégie annoncée aujourd’hui est remplie d’intentions louables et contient plusieurs bonnes mesures, mais elle évite le véritable problème : la quasi-totalité des contrats publics québécois sont attribués en fonction de la règle du plus bas soumissionnaire et le projet de loi qui est proposé ne va pas changer cela. Pour remporter l’appel d’offres, les entreprises se voient dans l’obligation de choisir des composantes de moindre coût afin de correspondre aux critères misant sur le prix dans l’octroi des contrats publics. Ce qui signifie que les projets sont à refaire plus rapidement et que, à moyen et long terme, le contribuable y perd.  Pour véritablement changer la culture au sein de l’appareil gouvernemental, il faut forcer tous les acheteurs publics à réviser leurs critères d’octroi de contrats pour que le prix ne soit qu’un critère parmi d’autres », a affirmé Charles Milliard,

Le plus bas soumissionnaire : un frein à l’innovation

Le principe du plus bas soumissionnaire apparaît comme une exception en Amérique du Nord, alors que les critères touchant à la qualité ont tendance à prendre le dessus dans la plupart des juridictions concurrentes. La méthode du plus bas soumissionnaire engendre certaines dérives et amène des impacts néfastes quant au résultat des projets, puisqu’elle revient souvent à choisir les solutions les plus bas de gamme. Il ne faut pas omettre que la qualité des projets va de pair avec les risques de défaillance et les enjeux de sécurité.

C’est pourquoi la FCCQ plaide pour que le choix des soumissionnaires soit axé largement sur la qualité, l’innovation, l’expertise, la durabilité et des critères socio-environnementaux dans les contrats publics du gouvernement du Québec, comme cela se fait presque partout ailleurs. Pour elle, le prix devrait avoir une certaine pondération, mais ne devrait pas être le critère dominant d’évaluation des soumissions aux contrats publics du gouvernement du Québec.

« Le maintien du plus bas prix conforme comme principal critère d’octroi ne passe tout simplement pas pour les entreprises innovantes, en infrastructures, en construction, en ingénierie, en architecture, en santé et sciences de la vie, en technologie de l’information et communication, etc. Nos entreprises québécoises vont continuer de faire bénéficier les autres juridictions de leurs innovations, car les contrats publics à l’extérieur du Québec misent sur des critères de qualité et d’innovation, bien avant le critère simpliste du plus bas prix. Elles avaient pourtant affirmé haut et fort qu’il n’est pas intéressant d’appliquer sur les contrats québécois étant donné les critères restrictifs en qualité, expertise et innovation », a rappelé M. Milliard.

Une stratégie qui contient quelques avancées importantes

La FCCQ tient néanmoins à souligner l’inclusion dans le projet de loi de certains éléments qui pourraient contribuer à améliorer le bilan du gouvernement du Québec en matière d’achat local.

« La création d’un Espace d’innovation des marchés publics correspond en partie à une demande que la FCCQ formule depuis plusieurs années : l’État doit se donner la marge de manœuvre pour être prêt à accueillir de nouveaux produits et de nouveaux services qui sortent du cadre habituel. L’harmonisation et la simplification des appels d’offres peuvent aussi rendre la vie plus facile aux entrepreneurs, notamment aux PME, si elle est appliquée de manière généralisée. La volonté de mieux former les acheteurs publics et d’offrir un accompagnement personnalisé aux PME constitue un signal important envoyé aux différents ministères et organismes. Ce que nous souhaitons, c’est que ces mesures soient mises en place rapidement et s’accompagnent des ressources humaines et financières suffisantes. Nous continuerons d’offrir notre entière collaboration au gouvernement afin de faire de cette stratégie une réussite pour le milieu entrepreneurial québécois », a conclu M. Milliard.

À propos de Charles Milliard
Président-directeur général

Charles Milliard est président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec depuis janvier 2020. Gestionnaire chevronné, il possède une longue expérience en affaires publiques, plus particulièrement dans le secteur pharmaceutique, de la santé et des sciences de la vie. Il a œuvré au sein du Groupe Uniprix durant 14 ans, occupant plusieurs responsabilités dans l’ensemble des fonctions de l’organisation. De 2013 à 2016, il y a occupé le rôle de vice-président exécutif du Groupe, ayant sous sa supervision la moitié des employés du siège social. Avant de se joindre à la FCCQ, il était vice-président, Santé, au sein du cabinet de relations publiques NATIONAL.

Au fil des années, Charles Milliard a acquis une solide expérience en gestion d’enjeux stratégiques et financiers, en développement de stratégies politiques et gouvernementales, et a su développer d’importantes habiletés de leadership et de représentation publique des organisations.

Titulaire d’un baccalauréat en pharmacie et d’un certificat en économique de l’Université Laval, ainsi que d’un MBA de HEC Montréal, Charles Milliard est membre de l’Ordre des Pharmaciens du Québec. Chroniqueur santé à diverses émissions télé au cours des dernières années (Radio-Canada, TVA et V), il s’implique en outre à titre personnel au sein de plusieurs organismes culturels, notamment à titre de président du conseil d’administration du Festival TransAmériques et de la Fondation du Cegep de Lévis et d’administrateur à l’Orchestre symphonique de Montréal, au Conseil des Arts de Montréal et au Festival de Lanaudière.

  1. La recherche permanente d’alternatives pour contribuer au développement économique et social du Québec a mobilisé la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et le Réseau des Sociétés d’aide au développement des collectivités et les Centres d’aide aux entreprises (SADC+CAE) pour soutenir des activités qui facilitent l’adoption de la technologie numérique par les petites... En savoir plus
  2. Montréal, 10 juin 2022 – La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) est fière d’annoncer aujourd’hui les noms des lauréats de son Gala des chambres de commerce! Présenté par le Régime d’assurance collective des chambres de commerce (RACCC), ce concours incontournable met à l’honneur les bénévoles, employés et chambres de commerce qui se sont... En savoir plus
  3. Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) et la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) sont fiers d’annoncer le lancement de la période de mise en candidature du prix Maurice-Pollack. Depuis 10 ans, ce prix honore les entreprises qui, de par leurs pratiques innovantes en gestion de la diversité ethnoculturelle,... En savoir plus
Ce type de contenu vous intéresse? Abonnez-vous au FCCQeXpress, le bulletin bi-mensuel de la FCCQ. On y retrouve toute l’actualité de la Fédération et de nos partenaires!