Publié dans Lettres ouvertes

Les services aux personnes âgées : une contribution indispensable du secteur privé

En matière de dépenses de santé, les données suivantes donnent le vertige :

  • Les dépenses publiques en santé au Québec représentent plus de 31milliards de dollars en 2013, soit 8,5 % du Produit intérieur brut.
  • Au cours de la dernière décennie, la croissance annuelle moyenne des dépenses publiques de santé et de services sociaux au Québec fut de 5,8 %, soit près de trois fois le taux de croissance économique.
  • Pour offrir des services de santé à une personne de 45 à 64 ans, il en coûtait en moyenne en 2010, 2 597 $ par année. Pour les personnes de 75 à 84 ans, le coût est 5 fois plus élevé (13 012 $).
  • En 2013-2014, 49 % des dépenses de programmes du gouvernement du Québec est accaparée par la santé et les services sociaux. Les autres missions de l’État sont pratiquement asphyxiées.
  • Les dépenses publiques de santé devraient doubler d’ici 2030 et accaparer 65 % des revenus globaux du gouvernement du Québec, selon un rapport récent de CIRANO.

On devrait donc s’attendre à ce que le gouvernement cherche des moyens de freiner la croissance des dépenses qui est insoutenable à moyen terme. Au contraire, le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec s’emploie, par tous les moyens, à ramener dans le secteur public de santé le maximum de services.

C’est notamment le cas des services à offrir aux personnes en perte d’autonomie. Le ministre entend privilégier les services offerts par le secteur public ou par les organismes à but non lucratif qui seront largement subventionnés par l’État.  La Fédération ne conteste pas que le secteur public et à but non lucratif aient leur place dans la prestation de service aux personnes âgées. Elle est cependant en désaccord avec les velléités de marginalisation du secteur privé dans ce domaine.

Dans l’état des finances publiques, il est quasiment impensable que le gouvernement réponde seul aux besoins générés par la perte d’autonomie d’une population qui vieillit à un rythme accéléré. Le gouvernement a tout avantage à s’appuyer sur un réseau d’entreprises privées soumis à des normes de qualité fixées par l’État et à des contrôles adéquats.

Le secteur privé :

  • Prend à sa charge des investissements de plusieurs milliards de dollars dans la construction, l’agrandissement ou l’aménagement de résidences;
  • Embauche et gère les milliers de personnes affectées aux soins à ces personnes;
  • Peut accueillir des personnes et ménages de diverses conditions économiques, ce qui permet de réduire les coûts sociaux parce que les ménages plus fortunés vont payer davantage.

Tout cela libère le gouvernement de charges financières et administratives considérables. Il s’agit d’une contribution majeure et complémentaire à celle du réseau public. Comme société, nous n’avons pas les moyens d’exclure cette collaboration. Il faut au contraire la solliciter tout en garantissant un accès universel aux services de santé.

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