Publié dans Lettres ouvertes

Le transport maritime : développement et sécurité

À l’heure où le gouvernement du Québec prépare une nouvelle stratégie maritime, il y a un assez large consensus au Québec à l’effet que le fleuve St-Laurent est nettement sous-utilisé pour le transport de diverses marchandises. Si on exploitait plus judicieusement ce potentiel, le Québec en retirerait plusieurs bénéfices, notamment :

  • Un accroissement de l’activité et la création d’emplois de qualité dans les ports de plusieurs régions et dans les industries connexes;
  • Une détérioration moins rapide du réseau routier et une diminution des gaz à effet de serre, le transport par bateau étant particulièrement performant à ce chapitre;
  • Une réduction des accidents et des risques écologiques : le transport maritime est celui qui présente le niveau d’accident le moins élevé;
  • Une intensification du commerce avec les autres provinces et les États américains riverains des Grands Lacs (via la Voie maritime du St-Laurent) de même qu’avec l’Europe;
  • Une relance des chantiers maritimes, principalement pour l’entretien et la réparation des navires;
  • Le développement d’activités connexes : tourisme de croisière, nouvelles voies de transport vers le Nord québécois, implantation d’infrastructures d’entreposage du gaz naturel liquéfié dans les régions éloignées, etc.

Mais pour que ce potentiel se traduise en retombées économiques concrètes, il faut accepter une intensification du trafic maritime. Cela veut dire plus de conteneurs et une plus grande diversité et quantité de produits en vrac : minéraux, sucre, grain, produits liquides, gaz et pétrole. Or, par les temps qui courent, il serait devenu inacceptable de transporter du pétrole sur le Saint-Laurent. (On passe sous silence que des bateaux sillonnent le St-Laurent depuis des décennies pour nous approvisionner en pétrole de la Mer du Nord et des pays arabes, avec des navires de plus en plus gros).

On ne développera pas l’industrie maritime en ne transportant que des céréales biologiques. On ne peut pas conditionner le développement du secteur maritime à une vision obscurantiste de l’acceptabilité sociale qui nous amènerait à identifier des marchandises « nobles » et des produits indésirables. Les régions côtières en seraient les premières perdantes.

Oui, le fleuve St-Laurent est magnifique. Mais c’est aussi une voie navigable qui représente un atout majeur de développement économique. Nous y transportons du pétrole depuis longtemps et cela va continuer.

Nous avons certes l’obligation de prendre le maximum de précaution pour éviter un accident écologique. Il faut savoir que les bateaux qui transitent sur le fleuve sont confiés aux pilotes du St-Laurent qui connaissent parfaitement le corridor fluvial et qui agissent en toute indépendance par rapport aux transporteurs. Pour les bateaux de grande taille, comme les pétroliers, il y a même deux pilotes du St-Laurent qui prennent les commandes du bateau.

Il faut aller encore plus loin. Les deux ordres de gouvernement doivent augmenter rapidement la capacité d’intervention en mer en cas d’accident lors du transport des carburants et d’autres matières dangereuses. Bref, agissons comme la plupart des sociétés développées qui reconnaissent que le risque zéro n’existe pas et qui poursuivent de manière responsable leur cheminement sur la voie de la prospérité par la réalisation de projets créateurs de richesses.

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