Publié dans Lettres ouvertes

La nouvelle politique d’immigration devra servir la performance économique du Québec

Alors que les travaux de consultation pour élaborer une nouvelle politique en matière d’immigration, de diversité et d’inclusion se sont amorcés, et que le Québec est aux prises avec des défis d’accès à une main-d’oeuvre qualifiée, à un phénomène de population vieillissante et à un taux de chômage nettement plus élevé parmi les nouveaux arrivants, il apparait nécessaire que cette réforme favorise un virage positif qui permettra d’améliorer la performance économique du Québec. Nous ne devons plus jouer à l’autruche!

Par exemple, le revirement démographique est bel et bien amorcé ; le nombre des 20-64 ans, qui représentent la population active, est déjà en baisse dans la plupart des régions du Québec, comme en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Chaudière-Appalaches, Abitibi-Témiscamingue, Estrie et Centre-du-Québec. Le phénomène est bien réel. À plus long terme, le taux de chômage sera en baisse et l’abondance de la main-d’oeuvre ne pourra plus servir d’assise à la performance économique comme par le passé.

Alors que les besoins en main-d’œuvre vont croissant, il faut reconnaitre qu’il est paradoxal qu’en même temps, de nombreux nouveaux arrivants connaissent le chômage prolongé. Ici, personne n’est gagnant !

Dans un tel contexte, la stratégie actuelle du Québec comporte des risques et n’optimise pas la création de richesse collective.

Par exemple, en choisissant de privilégier l’immigration économique fortement scolarisée – près de 40 % des immigrants économiques ont au moins 17 ans d’études – cela ne permet pas de facto de combler les besoins du marché du travail. En effet, actuellement, les problèmes de recrutement des employeurs se situent surtout aux niveaux professionnel et technique, voire au niveau des travailleurs peu qualifiés, notamment dans les secteurs d’activité où les conditions de travail sont difficiles. À cela, la qualité variable de l’éducation reçue d’un pays à l’autre et la surscolarisation s’ajoutent aux obstacles à l’insertion.

Un autre exemple démontrant la déficience de la stratégie actuelle est la baisse de la diversité de l’immigration. Pourtant, à l’échelle mondiale, les organisations se livrent une concurrence féroce pour trouver des employés ayant les compétences et la formation nécessaires, alors que de plus en plus de personnes souhaitent travailler à l’étranger. Nous aurions tout avantage à diversifier l’origine de notre immigration économique.

En outre, il est évident que dans une société francophone comme la nôtre, la connaissance du français constitue un facteur d’intégration essentiel. Mais la pertinence de la hausse récente du niveau exigé n’a pas été démontrée, et ce critère est devenu éliminatoire pour de nombreux candidats francophiles et qui correspondent à nos besoins de main-d’œuvre. Pourquoi ne pas plutôt revenir aux anciens critères et octroyer des points « bonis » à ceux qui obtiennent des niveaux supérieurs?

Enfin, le nombre de personnes immigrantes qui projettent s’établir en région demeure largement insuffisant pour combler les besoins. De plus, le taux de rétention des immigrants de la catégorie des Gens d’affaires est incroyablement bas. Pourtant, plusieurs entreprises et PME d’avenir sont à la recherche d’une main-d’œuvre qualifiée et offrent de belles opportunités!

Nous croyons fermement qu’il est possible de faire mieux en identifiant et en empruntant les meilleures pratiques et en renforçant l’arrimage avec les besoins économiques. Et, qu’on le veuille ou non, les résultats en matière d’intégration des nouveaux arrivants seront toujours tributaires de la performance sur le plan de la croissance économique et de la création d’emploi.

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