Publié dans Lettres ouvertes

Hydrocarbures : faisons preuve d’ouverture et de pragmatisme

Le 15 juin prochain se tiendra la dernière consultation qui contribuera à définir la prochaine politique énergétique du Québec. Cette table portera sur les hydrocarbures. À quelques jours de la tenue de cet événement, nous, représentants de tous les secteurs économiques du Québec, entrevoyons avec beaucoup d’enthousiasme la possibilité d’entendre et d’échanger avec des experts de Norvège, de France, du Royaume-Uni, du Canada et des États-Unis sur des enjeux touchant les hydrocarbures, et de contribuer ainsi à l’acquisition de connaissances sur ce sujet malheureusement diabolisé depuis quelque temps au Québec.

Trois autres tables d’experts ont eu lieu jusqu’à présent sur des enjeux clés pour l’avenir énergétique du Québec : l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la décarbonisation des transports. La table d’experts sur les hydrocarbures mérite qu’on puisse y tenir des discussions sereines et pragmatiques, dans un contexte où nous devons reconnaître que les hydrocarbures seront présents dans nos vies pour encore des décennies.

C’est dans cet esprit que les acteurs économiques du Québec veulent contribuer au débat et s’exprimer sur les questions auxquelles le gouvernement du Québec nous invite à répondre dans le fascicule préparé à cet effet. D’ores et déjà, il nous apparaît primordial de nous pencher sur les retombées économiques, régionales et nationales des activités liées à la chaîne de valeurs complète des hydrocarbures au Québec, de l’exploration à l’exploitation, et du raffinage à la transformation faite par l’industrie pétrochimique.

Nous devons également étayer quels sont les enjeux véritables des risques opérationnels, humains et environnementaux liés à ces activités. À ce propos, l’Environmental Protection Agency (EPA) américaine publiait une étude selon laquelle la fracturation hydraulique n’a pas d’impact majeur sur les ressources en eau potable. De tels résultats scientifiques sont fondamentaux dans la préparation de la politique énergétique du Québec, alors que ces craintes ont poussé à un moratoire sur l’exploration des gaz de schiste.

Plusieurs veulent polariser le débat et exclure les hydrocarbures de toute forme de conversation publique alors qu’ils sont présents dans 52 % du bilan énergétique du Québec – non seulement dans les réservoirs des véhicules que nous utilisons, mais également dans nos téléphones cellulaires ou encore à la base de centaines de médicaments utiles à la santé humaine. Il nous apparaît inconcevable de ne pas travailler tous ensemble à définir un portefeuille énergétique pluriel pour le Québec, et surtout d’évacuer toute forme de réflexion et de discussion à propos des hydrocarbures qui pourraient conduire au développement d’une industrie créatrice de richesse collective pour l’ensemble des Québécois.

À cet égard, la Norvège apparaît comme un pays qui a beaucoup à nous enseigner, alors qu’elle exploite ses ressources pétrolières et gazières tout en étant un leader à l’échelle mondiale au chapitre de l’utilisation des énergies renouvelables. Le développement durable nous apparaît, plus que jamais, comme le résultat de l’équilibre entre les enjeux sociaux, environnementaux et économiques qui comportent leurs coûts et leurs bénéfices. Et, c’est sur cette vision constructive que nous souhaitons que les travaux de la table d’experts sur les hydrocarbures du 15 juin prochain se déroulent.

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