Publié dans Lettres ouvertes

Gardons le cap

Par Stéphane Forget, MBA, ASC
Président-directeur général

Jeudi dernier le gouvernement du Québec annonçait avoir réalisé un surplus de 1,7 milliard $ en 2015-2016. Avant celui-ci, le dernier surplus, un petit 109 millions, remonte à 2006-2007. Par la suite, le gouvernement a équilibré son budget deux fois, puis a fait six déficits consécutifs. Conséquence, depuis la récession de 2008, ces six déficits ont ajouté près de 13 milliards à la dette publique. Même en retranchant les versements au Fonds des générations, ils ont quand même ajouté neuf milliards.

Pourtant, ce premier surplus depuis la récession a été décrié par divers acteurs, notamment dans les milieux sociaux et syndicaux.

Les défenseurs des déficits se réclament souvent de la pensée keynésienne. Pourtant, hors récession, Keynes préconisait de compenser les déficits par des surplus afin d’éviter d’alourdir la dette publique. En pratique, cette contrepartie a été largement ignorée. Aux yeux de certaines parties prenantes, ce n’est jamais le bon moment pour équilibrer les finances; il y a toujours une raison de remettre le redressement à plus tard.

La Fédération des chambres de commerce du Québec et le réseau des chambres de commerce ont depuis longtemps encouragé les gouvernements successifs à observer plus de rigueur dans la gestion de leurs dépenses budgétaires et fiscales. Nous récoltons aujourd’hui les premiers fruits de cette approche. En juin, deux agences de notation ont rehaussé la cote de crédit du Québec. Nous pouvons maintenant espérer une baisse du coût de nos emprunts collectifs.
Le service de la dette publique est le troisième plus important poste budgétaire, après la Santé et l’Éducation. Moins d’argent pour les créanciers, c’est plus d’argent disponible pour le développement du Québec.

Nous constatons que les épouvantails brandis par les adversaires du redressement des finances publiques ne se sont pas avérés. En 2015, il n’y a pas eu de crise sociale, malgré tous les avertissements. La rigueur n’a pas anéanti la croissance économique.

Et maintenant, après seulement un an à commencer à se sortir du trou, il faudrait lâcher prise? Non, il faut plutôt poursuivre le travail.

Nous apprécions le chemin parcouru, mais il y a lieu de relativiser ce surplus ponctuel, qui arrive à peine à freiner la croissance de la dette. Le Québec a encore la dette nette par personne la plus lourde au Canada, ainsi que la plus lourde par rapport au PIB. Nos enfants et petits-enfants méritent qu’on leur laisse la liberté de faire leurs propres choix, pas juste de payer pour ceux d’hier.

Le redressement des finances publiques est une œuvre de longue haleine. La Commission de révision permanente des programmes (CRPG) a recommandé plusieurs réformes que le gouvernement n’a pas encore engagées. Par exemple, de comparer l’efficience des producteurs de services publics, et d’en confier le mandat aux plus performants, peu importe leur statut public ou privé. Un service est public quand il est financé par des taxes et impôts, peu importe qui le fournit.

La CRPG a aussi mis en doute la pertinence d’avoir une agence québécoise de perception des taxes et impôts, alors que celle du Canada pourrait s’en charger. Jusqu’à quel point cet énorme appareil bureaucratique (12 000 fonctionnaires) est-il réellement nécessaire pour mettre en œuvre nos politiques économiques et sociales? Les ressources allouées à cet appareil ne seraient-elles pas mieux investies ailleurs, comme en éducation par exemple?

Pour agir sur les priorités d’aujourd’hui, il faut être capable de reconnaître les structures et les programmes qui correspondent aux priorités du passé, dont certains ont perdu de leur pertinence.

Gardons le cap, et persévérons dans le redressement de nos finances publiques.

À propos de Stéphane Forget, MBA, ASC
Président-directeur général

Stéphane Forget est président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec. À la FCCQ depuis 2014, il a d’abord occupé le poste de vice-président, Stratégie et affaires économiques. Auparavant à la Société de transport de Montréal (STM), il a agi à titre de directeur exécutif, Relations externes et planification stratégique ainsi qu’à titre de directeur, Coordination des dossiers stratégiques.

Précédemment, il a cumulé une vaste expérience des affaires gouvernementales et publiques, occupant diverses fonctions au sein de la Ville de Montréal, dans le monde associatif,  à la Société Radio-Canada et au gouvernement du Québec.

Il est détenteur d’une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal  (ESG-UQAM) et d’un certificat en droit de l’Université de Montréal. Au printemps 2019, il a obtenu la désignation d’administrateur de sociétés certifié (ASC).

Monsieur Forget est membre du Conseil et du comité exécutif de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), membre du Conseil d’administration de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et membre du Comité consultatif du travail et de la main d’œuvre (CCTM).

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