Publié dans Lettres ouvertes

Exploitation des hydrocarbures au Québec : en période de transition, choisissons la voie du pragmatisme

Par

Françoise Bertrand, présidente-directrice générale, Fédération des chambres de commerce du Québec
Yves-Thomas Dorval, président-directeur général, Conseil du patronat du Québec
Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale, Fédération canadienne de l’entreprise indépendante

En tant qu’associations préoccupées par le développement économique du Québec, les récentes réponses du Premier ministre aux questions qui lui ont été posées à l’égard des projets pétroliers sur l’île d’Anticosti et de la fin du recours au gaz naturel, méritent que nous fassions part de notre point de vue.

Rappelons tout d’abord que le gouvernement actuel a mis en place un processus de consultation rigoureux qui vise à connaître les conditions adéquates qui permettraient d’envisager une exploitation responsable des hydrocarbures tout en s’assurant qu’une telle exploitation favoriserait le développement économique du Québec et de ses régions.

De la même façon, en ce qui concerne nos besoins en gaz naturel, soulignons que le gouvernement actuel concluait, il y a un peu plus d’un an, une prise de participation de 50 millions de dollars dans une filiale spécialisée dans le marché du gaz naturel liquéfié (GNL) et que plus récemment encore il s’associait à un autre projet qui vise à approvisionner les industries de la Côte-Nord avec cette même source d’énergie. Le GNL, on le sait, est une nécessité à la réussite du Plan Nord, cher au Gouvernement du Québec.

Les besoins du Québec en hydrocarbures demeurent très importants et il en sera ainsi pour encore des décennies. Chaque année, nous consommons entre 12 et 14 milliards de dollars en hydrocarbures dont nous importons la presque totalité. Ce sont des sommes colossales qui bénéficient à des pays étrangers plutôt qu’à la collectivité québécoise. Cette situation pèse lourd sur notre économie et sur la balance commerciale largement déficitaire de la province. On doit dès lors reconnaître l’impact positif qu’aurait une exploitation locale des hydrocarbures.

Il ne fait pas de doute que nous nous dirigeons vers une économie moins dépendante aux hydrocarbures et que nous amorçons une époque transitoire quant à nos choix énergétiques. Nous croyons au verdissement de l’économie, à une économie avec un faible taux de gaz à effet de serre et nous ne faisons que commencer à voir les opportunités économiques liées à l’économie verte. Mais force est de constater qu’entre ce que l’on souhaite atteindre comme objectif et là où nous sommes aujourd’hui, cela prendra des décennies.

C’est pourquoi sur cet enjeu fondamental, nous appelons à une approche réaliste et pragmatique. Exploiter de façon responsable nos hydrocarbures n’est pas incompatible avec nos ambitions en matière d’environnement. Au contraire, en contrôlant une partie de la production pour notre consommation nous avons la possibilité d’établir des standards environnementaux parmi les plus élevés, des standards qui nous ressembleront.

L’opportunité ainsi offerte aux Québécois de s’enrichir collectivement et d’en faire bénéficier toute la société doit donc aussi être une variable indissociable de l’équation qui servira à décider si le Québec doit exploiter ou non ses ressources pétrolières et gazières. La Norvège, avec son fonds de plus de 800 milliards de dollars constitué avec les redevances pétrolières, l’a bien compris. Elle offre de généreux incitatifs fiscaux pour l’achat de véhicules électriques grâce à ces redevances. Cela en fait le meilleur pays au monde au regard du nombre de véhicules électriques sur ses routes. Bref, la Norvège a fait la démonstration qu’il est possible de faire une exploitation responsable de ses hydrocarbures.

Alors que le développement des ressources naturelles a historiquement fait l’objet de larges consensus, il semble aujourd’hui que la simple réflexion sur l’exploitation responsable de ces ressources suffise à inspirer le doute, même chez nos décideurs politiques.

La découverte de ressources d’énergie fossile dans le sous-sol québécois nous impose une redéfinition de notre façon de voir l’exploitation du potentiel énergétique de notre province. Cet exercice, bien qu’exigeant, doit s’appuyer sur les données et les analyses sérieuses qui sont actuellement en cours. Si nous avons su faire de l’hydroélectricité une telle richesse collective et une fierté à l’échelle internationale, pourquoi n’en serait-il pas de même d’une exploitation responsable de nos hydrocarbures ?

  1. Le versement aux producteurs laitiers de la compensation pour l’ouverture des marchés régis par la gestion de l’offre doit se faire rapidement, a rappelé la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) en réaction aux précisions apportées ce matin par la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau. « Nous accueillons positivement l’annonce que la compensation... En savoir plus
  2. Le gouvernement Legault a récemment annoncé deux gigantesques projets de construction et de rénovation : un appel d’offres de 1 milliard $ pour construire 30 maisons des aînés en accéléré et un budget de 1,7 milliard $ pour des projets de modernisation des écoles du Québec. Peut-on imaginer que la conception de ce genre de... En savoir plus
  3. La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) rappellera aujourd’hui en commission parlementaire sur les seuils d’immigration qu’un rehaussement de ceux-ci permettra de limiter les effets du vieillissement de la population et de faire face à la pénurie de main-d’œuvre actuelle et future, conjointement avec d’autres mesures telles l’attraction et la rétention des travailleurs... En savoir plus
Ce type de contenu vous intéresse? Abonnez-vous au FCCQeXpress, le bulletin bi-mensuel de la FCCQ. On y retrouve toute l’actualité de la Fédération et de nos partenaires!