Publié dans Lettres ouvertes

Démonopoliser les traversiers

Combien vaut une heure de votre temps ? Si vous résidez à Lévis et travaillez à Québec, vous avez eu amplement le temps d’y songer depuis deux semaines, pendant le détour de 30 km que vous a imposé la grève des traversiers. Idem si vous devez vous rendre à Sorel-Tracy depuis Lanaudière, sauf que là c’est un détour de 150 km via Trois-Rivières !

Une heure ou deux ou trois de moins dans votre journée, gaspillées à faire de tels détours, se sont traduites par une perte de sommeil, ou de temps en famille, ou même de revenu. Pour les industriels, les retards de leurs ouvriers ralentissent parfois la production. Certains services essentiels pâtissent aussi. Par exemple, la dizaine de camions qui ramassent les ordures ménagères à Sorel-Tracy doivent, pour se rendre au site d’enfouissement près de Berthier, faire le détour par Trois-Rivières deux fois ou trois fois par jour. Bonjour les coûts extras, assumés au final par les contribuables !

Maintenant que le conflit est en voie de se régler, il est tentant de simplement retourner à nos moutons. Mais nous risquons alors de revivre les désagréments et les pertes engendrés par ce conflit de travail à chaque échéance de convention collective. Essayons plutôt de tirer une leçon de cette expérience pour qu’elle ne se reproduise plus. Voici une idée : démonopoliser le service de traversier là où c’est possible, c’est-à-dire sur les liaisons où le volume de clients justifie au moins deux bateaux.

C’est le cas pour les liaisons Québec–Lévis, Sorel-Tracy—St-Ignace-de-Loyola et Tadoussac—Baie-Sainte-Catherine. Si, sur chacune de ces liaisons, les bateaux étaient exploités par deux armateurs différents, travaillant comme sous-traitants pour la Société des traversiers du Québec (STQ), parions qu’ils ne tomberaient pas en grève ou en lock-out en même temps ! Plus jamais les usagers ne se retrouveraient à la merci d’un arma teur unique qui détient un monopole sur une même traverse. Mieux, les armateurs concurrents seraient incités à rivaliser d’ingéniosité pour attirer la clientèle. Si l’un d’entre eux s’avérait insatisfaisant, il pourrait éventuellement perdre sa franchise au profit d’un autre. Telle est la vertu de la concurrence, que les gouvernements ont introduit dans différentes industries comme les télécommunications, le transport aérien ou le transport collectif par autobus. Pensons par exemple aux régies intermunicipales de transport qui assurent le service d’autocar en contractant des transporteurs privés.

Un monopole peut se justifier quand l’investissement requis est d’une ampleur telle, ou que le marché est à ce point petit, que seul un joueur unique soit viable. Mais ce n’est pas le cas pour les trois principales traverses. Parmi la dizaine d’armateurs qui naviguent le Saint-Laurent, imaginons que certains auraient les moyens d’acquérir et d’exploiter les traversiers de la STQ. La STQ deviendrait leur client, comme elle l’est déjà pour les armateurs privés qui fournissent d’autres liaisons en sous-traitance.

Pour que cette crise ne se reproduise plus, il est temps de sortir des sentiers (chenaux) battus!

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