Publié dans Communiqués

Énoncé économique fédéral: De l’aide importante pour les entreprises, mais d’autres gestes à poser pour aider des secteurs-clés

Par Charles Milliard
Président-directeur général

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) accueille favorablement un bon nombre de mesures annoncées à l’occasion de l’énoncé économique de l’automne, par la ministre des Finances du Canada, l’honorable Chrystia Freeland. Dans ce contexte de crise sanitaire, elle soutient que certains ajustements seront nécessaires pour les prochaines actions gouvernementales.

La FCCQ demande également que les gouvernements s’assurent que les sommes budgétées se rendent sur le terrain rapidement. En effet, de nombreux entrepreneurs attendent avec impatience les sommes qui leur permettront de se relever et de permettre au Québec de retrouver sa vigueur économique.

« Les mesures annoncées ont de quoi rassurer les entreprises de certains secteurs qui ont besoin d’un coup de pouce. Cela dit, il faudrait s’assurer que les sommes promises aujourd’hui soient versées rapidement et qu’une attention particulière soit portée pour les secteurs en plus grande difficulté. On constate des oubliés dans les secteurs aériens et touristiques. En période de crise, les gouvernements ont la responsabilité d’intervenir dans leur économie pour atténuer les impacts et préparer le redémarrage », a déclaré Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ.

Subventions salariales prolongées

Le gouvernement propose d’accroître le taux maximal de subvention salariale à 75 %, et de prolonger l’application de ce taux jusqu’au 13 mars 2021.  La FCCQ croit que cette prolongation était importante pour les entreprises qui subissent toujours les conséquences de cette deuxième vague et des pertes de revenu importantes. En plus de clarifier et de simplifier l’accès à cette aide, la FCCQ demande au gouvernement fédéral d’assurer la continuité de ce programme d’aide autant que possible, selon les besoins et les secteurs économiques qui nécessiteront l’accès aux subventions salariales au-delà de l’échéancier fixé à ce jour.

« Selon nous, il faudrait revoir la diminution du pourcentage de subvention en fonction de la récupération des revenus. En effet, la gradation actuelle laisse de côté de nombreux employeurs qui connaissent encore de graves difficultés », a poursuivi Charles Milliard.

Des sommes importantes pour les aéroports et une aide toujours attendue pour les grands transporteurs

En plus des enveloppes réservées aujourd’hui aux aéroports en région et aux transporteurs régionaux, la FCCQ se réjouit de constater que le gouvernement fédéral aidera les projets de transport en commun dans les grands aéroports pour 500 M$, particulièrement pour réaliser la gare du REM à l’aéroport de Montréal. Toutefois, ces sommes nécessaires doivent être disponibles pour que le projet se concrétise à l’intérieur des délais.

« Il est nécessaire de distinguer l’aide à l’intermodalité et l’aide aux infrastructures aéroportuaires. L’aéroport de Montréal a des besoins en immobilisation, notamment dans la réfection d’une piste d’atterrissage aux coûts de 75 M$. Il n’y a pas de précisions dans l’énoncé économique pour ce projet, alors qu’ils sont prêts, et n’attendent que l’aide d’Ottawa pour débuter les travaux », a mentionné Charles Milliard.

Même si l’annonce des discussions entre le gouvernement et les compagnies aériennes n’a eu lieu qu’il y a quelques semaines, la FCCQ aurait souhaité que l’aide directe et nécessaire aux grands transporteurs aériens soit présentée à l’intérieur de cet énoncé économique automnal. Elle rappelle que depuis le mois de mars, des pays comme les États-Unis ont subventionné massivement leurs lignes aériennes, ce qui place les compagnies aériennes canadiennes en position de vulnérabilité par rapport à leurs rivales.

Tourisme : Privilégier l’aide directe plutôt que les prêts

La FCCQ rappelle que les grands hôtels québécois ont vu leurs clientèles de voyageurs internationaux et de congressistes pratiquement disparues depuis le mois de mars. Pour elle, ce secteur important de l’hébergement touristique est encore trop souvent laissé de côté dans la crise actuelle.

« Malheureusement, pour l’instant, l’aide promise par Ottawa se limite à des prêts, alors qu’il est clair que c’est d’une aide directe dont nos hôteliers et les entreprises touristiques ont besoin. Toutefois, nous voyons d’un bon œil l’aide annoncée pour les travailleurs des secteurs événementiel et artistique qui sont bien entendu au cœur de l’offre touristique du Québec. Plus vite ce soutien sera apporté à nos entrepreneurs, plus vite le Québec reprendra son élan », a ajouté M. Milliard.

Importance d’avoir des cibles pour mesurer les finances publiques

La FCCQ prend acte du déficit prévu de 381,6 G$ pour l’année financière actuelle. Pour elle, la mise en place de cibles et d’indicateurs permettant de contrôler les dépenses publiques demeure importante. Elle constate malheureusement que les déficits structurels attendus dans les prochaines années rendent la gestion équilibrée des finances publiques plus difficiles.

« Il sera nécessaire que notre ratio dette / PIB qui se trouve à 50,7% soit le plus bas possible, et se maintienne dans la moyenne des pays de l’OCDE. Devant une situation d’une telle ampleur, le gouvernement fédéral devrait également communiquer régulièrement sur l’état des finances publiques. Les mesures d’équité fiscale pour les entreprises qui ont été annoncées pour 2021 et 2022 sont bien reçues », a poursuivi M. Milliard.

Des investissements importants pour favoriser l’achat local

Dans son budget, le gouvernement fédéral reconnaît l’apport des chambres de commerce, avec le Soutien aux entreprises des rues commerçantes annonçait à l’intérieur de son énoncé économique. Cette aide permettra d’élaborer, voire renforcer des campagnes de sensibilisation des différentes communautés, qui font la promotion des entreprises et de leurs rues commerçantes.

« Plus que jamais, stimuler l’achat local représente une condition importante pour atténuer les impacts de la crise immédiate et pourrait permettre à un maximum de nos commerçants locaux de passer au travers de la tempête, pour reprendre le rythme de leurs opérations plus rapidement. La FCCQ bénéficie d’un réseau important dans toutes les régions du Québec, pour atteindre les objectifs recherchés par le gouvernement », a conclu Charles Milliard.

À propos de Charles Milliard
Président-directeur général

Charles Milliard est président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec depuis janvier 2020. Gestionnaire chevronné, il a une longue expérience en affaires publiques, plus particulièrement dans le secteur pharmaceutique, de la santé et des sciences de la vie. Il a œuvré au sein du Groupe Uniprix durant 14 ans, occupant plusieurs responsabilités dans l’ensemble des fonctions de l’organisation. De 2013 à 2016, il y a occupé le rôle de vice-président exécutif du Groupe, ayant sous sa supervision la moitié des employés du siège social. Avant de se joindre à la FCCQ, il était vice-président, Santé, au sein du cabinet de relations publiques NATIONAL. Au fil des années, Charles Milliard a acquis une solide expérience en gestion d’enjeux stratégiques et financiers, en développement de stratégies politiques et gouvernementales, et a su développer d’importantes habiletés de leadership et de représentation publique des organisations.

Titulaire d’un baccalauréat en pharmacie et d’un certificat en économique de l’Université Laval, ainsi que d’un MBA de HEC Montréal, Charles Milliard est membre de l’Ordre des Pharmaciens du Québec. Chroniqueur santé à diverses émissions télé au cours des dernières années (Radio-Canada, TVA et V), il s’implique en outre à titre personnel au sein de plusieurs organismes culturels, notamment à titre de président du conseil d’administration du Festival TransAmériques et d’administrateur à l’Orchestre symphonique de Montréal, au Conseil des Arts de Montréal et à la Fondation Armand-Frappier.

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