Publié dans Lettres ouvertes

Croissance économique : misons davantage sur la main-d’oeuvre venue d’ailleurs

Par Stéphane Forget, MBA, ASC
Président-directeur général

Au cours des 15 prochaines années, la pénurie de main-d’œuvre constituera un des principaux goulots d’étranglement de notre croissance économique, particulièrement en régions. La solution à ce problème sera plurielle : retenir sur le marché les travailleurs d’expérience, favoriser la mobilité géographique et professionnelle des travailleurs, mais, également, miser davantage sur une main-d’œuvre venue d’ailleurs.

Cela signifie en accueillir un plus grand nombre, en retenir plus au Québec et les intégrer mieux, en meilleur adéquation avec les besoins du marché du travail. L’emploi n’est bien sûr pas le seul facteur d’une intégration réussie, mais il en constitue à coup sûr un des principaux leviers.

Le gouvernement du Québec et les communautés d’accueil déploient déjà beaucoup d’efforts et de ressources pour intégrer les nouveaux arrivants, avec un inégal succès.

Nous pouvons, nous devons faire mieux. Pour que l’immigration au Québec soit un succès autant pour l’immigrant que pour son milieu d’accueil, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) croit qu’il faut intervenir sur quatre plans.

  1. En amont du processus, raffiner la sélection des candidats en facilitant un contact direct entre les employeurs québécois et les dossiers des candidats à l’immigration. Le recrutement se ferait avant même l’acceptation de la demande d’immigration du candidat, à l’aide de la déclaration d’intérêt, qui s’en verrait ainsi favorisée et accélérée.
  2. Favoriser l’installation des immigrants en région. Selon Statistique Canada, plus de 85 % de la population immigrée du Québec habite dans l’agglomération montréalaise. Or, 55 % des besoins de main-d’œuvre se situent en région, rapporte Emploi-Québec. Le recrutement direct des candidats par les employeurs atténuerait ce déséquilibre. Pour les immigrants qui sont déjà ici, le gouvernement du Québec a confirmé, dans un récent budget, le projet Un emploi en sol québécois qui s’étendra désormais à huit régions, pour les trois prochaines années. Cette initiative de la FCCQ, destinée à favoriser l’accès des personnes immigrantes à des emplois en région, permet la tenue de rencontres entre des employeurs en régions et immigrants arrivés depuis moins de cinq ans.
  3. Accompagner les employeurs dans l’intégration au travail des immigrants. Même confrontées à une pénurie de main-d’œuvre, des entreprises demeurent réticentes à embaucher des immigrants. Nous constatons qu’il faudrait en outre accompagner les employeurs, particulièrement les PME, dans l’accueil et l’intégration de ces travailleurs. Cet accompagnement viserait à développer les sensibilités de gestion aux aspects spécifiques touchant les employés fraîchement arrivés au Québec. Il pourrait être offert par les chambres de commerce du Québec, avec l’appui et l’encadrement du gouvernement.
  4. Faciliter l’intégration et le réseautage des immigrants entrepreneurs. Quiconque décide de laisser son pays natal affiche déjà des caractéristiques qu’on retrouve chez les entrepreneurs : le goût du risque. La tendance des immigrants à posséder leur propre entreprise quatre à sept ans après leur arrivée dépasse celle des natifs. Ils sont toutefois défavorisés dans la mesure où, à leur arrivée, ils ne disposent pas de réseau d’affaires et ne sont pas familiers de la culture d’affaires québécoise et canadienne. Un programme québécois facilite l’accueil et l’intégration d’immigrants entrepreneurs dont le projet satisfait certaines conditions. Le gouvernement a récemment annoncé du budget permettant de mettre à profit le vaste réseau des chambres de commerce dans un programme de réseautage pour accompagner les immigrants entrepreneurs dans les réseaux d’affaires.

 

Le Québec est depuis toujours une terre d’immigration. Rarement depuis l’après-guerre le contexte a-t-il été aussi favorable à la pleine participation des immigrants à notre économie et, partant, à notre épanouissement collectif. À nous de relever ce défi.

À propos de Stéphane Forget, MBA, ASC
Président-directeur général

Stéphane Forget est président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec. À la FCCQ depuis 2014, il a d’abord occupé le poste de vice-président, Stratégie et affaires économiques. Auparavant à la Société de transport de Montréal (STM), il a agi à titre de directeur exécutif, Relations externes et planification stratégique ainsi qu’à titre de directeur, Coordination des dossiers stratégiques.

Précédemment, il a cumulé une vaste expérience des affaires gouvernementales et publiques, occupant diverses fonctions au sein de la Ville de Montréal, dans le monde associatif,  à la Société Radio-Canada et au gouvernement du Québec.

Il est détenteur d’une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal  (ESG-UQAM) et d’un certificat en droit de l’Université de Montréal. Au printemps 2019, il a obtenu la désignation d’administrateur de sociétés certifié (ASC).

Monsieur Forget est membre du Conseil et du comité exécutif de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), membre du Conseil d’administration de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et membre du Comité consultatif du travail et de la main d’œuvre (CCTM).

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