Publié dans Lettres ouvertes

Condamné à une croissance économique anémique?

Le Québec connaît depuis quelques années une faible croissance économique. De 2012 à 2015, le PIB réel a enregistré une hausse moyenne de 1,25 % par année. Cette croissance anémique a deux conséquences concrètes : d’abord, on ne parvient pas à faire baisser notre taux de chômage, qui stagne autour de 7,5 % même si le nombre de personnes en âge de travailler diminue. Ensuite, les recettes fiscales plafonnent ou n’augmentent pas au même rythme que l’accroissement des dépenses du gouvernement, ce qui l’oblige à appliquer des mesures rigoureuses de contrôle des dépenses.

Et les perspectives ne semblent pas près de s’améliorer. En 2016, personne ne prévoit même 2 % de croissance au Québec, ce dont nous aurions grandement besoin. Il faut par ailleurs noter que les autres pays industrialisés sont eux aussi confrontés à de faibles taux de croissance : les prévisions sont de 2,8 % aux États-Unis, de 2,4 % au Royaume-Uni et de 1,4 % dans les pays de la zone euro.

Là où le Québec diffère, c’est au niveau de sa performance, inférieure à celle des autres pays développés. Alors que les autres avancent plus vite, au Québec on s’appauvrit petit à petit. Il faut en prendre acte et réagir !

Les gouvernements ne peuvent à eux seuls provoquer des hausses soudaines de croissance. La léthargie qui plombe actuellement le Québec est aussi largement attribuable à la faiblesse des investissements privés. Cependant, les gouvernements peuvent jouer un rôle à cet égard.

Au cours des dernières années, le gouvernement du Québec s’est avant tout employé à gérer les conséquences de la faible croissance économique plutôt qu’à agir sur les facteurs de croissance. Au-delà de l’aide exceptionnelle accordée au secteur de l’aéronautique, quel soutien apporte-t-il au secteur manufacturier, qui bénéficie pourtant d’une conjoncture exceptionnelle avec la faiblesse du dollar canadien ? Le prix des matières premières est faible, mais l’exploitation de certains métaux demeure rentable. En profitons-nous pleinement?

Les longues et laborieuses procédures d’approbation des projets de développement n’ont pas changé. Les processus demeurent embourbés dans des méandres bureaucratiques, ce qui retarde indûment la réalisation de plusieurs travaux d’infrastructures et la modernisation des technologies. Face à l’hostilité de certains groupes de pression opposés aux projets d’investissement et de développement, particulièrement dans le secteur des ressources naturelles, le gouvernement hésite. Il multiplie les consultations, souffle le chaud et le froid sur des projets annoncés mais qui tardent à démarrer. Aucun signal n’est donné pour lever l’incertitude et rassurer les investisseurs.

Personne ne remet en cause la nécessité de consulter les citoyens et de mener des études environnementales et économiques rigoureuses avant d’approuver des projets majeurs. Mais cela ne doit pas se faire au prix de délais administratifs prohibitifs.

Notre faible croissance économique commande de nous presser. Et là-dessus, le gouvernement peut et doit agir.

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